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Vous retrouverez dans cette rubrique toutes les infos vous permettant d'être informé de notre prochaine sortie, ainsi que des récits de nos dernières activités, dont vous découvrirez bien vite que la vocation première est avant tout de se faire plaisir au guidon de sa moto tout en passant quelques jours de détente dans une ambiance bonne enfant.

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  VOYAGE AU MAROC (DU 10 AU 17 OCTOBRE 2004)  
       
 
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Mardi 05 octobre 2004 :      

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05 heures du matin. Réveil, café, bisous à Madame et Jacques qui a dormi à la maison et moi démarrons de la maison à 05h30 pétantes. Le plein a été fait la veille donc on roule. Direction notre première étape : BAYONNE où Chantal, la femme de Jacques nous a réservé à l’hôtel Ibis. via PARIS, POITIER, et BORDEAUX. Relais, carburant et pipis toutes les deux heures. Le co-pilote prépare les tartines et le café du pilote, entre autre grâce à la bouilloire électrique 12 V que j’avais acheté en descendant en Sardaigne. Super pratique, il ne faut plus s’arrêter et seulement sortir et allumer le bec à gaz. Grand gain de temps. On s’améliore d’année en année. Ma fille Céline nous avait préparé des quatre-quarts d’enfer qu’on a gloutonné sur le premier jour. Seul petit soucis, en s’arrêtant sur une aire d’autoroute avant BORDEAUX, on constate que la deuxième roue gauche de la remorque est plate. La valve est déchirée, et pourtant aucune trace de coup. Bref, ni une ni deux, on change la roue et nous voilà repartis. On a encore un paquet de kilomètres avant d’arriver à BAYONNE. D’ailleurs j’appelle l’hôtel pour leur confirmer que l’on garde la chambre, mais qu’on va arriver tard. Effectivement, arrivée à 23h30 et 1150km au compteur. Sur place, on retrouve Philippe DUTOY, l’un des participants ayant décidé de rejoindre MARRAKECH avec sa BMW 1150 G.S Adventure, par la route. Gros chipotage pour caser le 4X4 et la remorque d’une longueur de 14 m, dans le minuscule parking gardé. Cà y est enfin. On a mangé dans la voiture en roulant, donc on boit juste un café, on fait le point de la route du lendemain et dodo bien mérité.

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Mercredi 06 octobre 2004 :

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Réveil à 06 h, petit déj en bas et je file chez le réparateur de pneus qui jouxte l’hôtel, pour faire réparer la roue de la remorque. Service super efficace, super gentil, et en plus le gars ne veut rien accepter comme paiement. Adresse à conserver dans vos notes de voyages ! Je traverse la rue et vais faire quelques emplettes à la charcuterie repérée hier soir. Venir à Bayonne et ne pas y goûter serait un crime de lèse-majesté. Donc, un peu de jambon, une petite terrine locale, un petit fromage de brebis et bien sur 3 baguettes bien fraîches. Et c’est reparti comme hier, sauf qu’il y a une 1150 Adventure qui nous suit. Jacques fait du zèle et me fait quitter la grande nationale toute droite pour me faire emprunter une minuscule départementale zigzagant au milieu des Pyrénées. La température monte et ça sent l’huile chaude. Heureusement on arrive au col et la descente permet de faire refroidir la pauvre Titine. Passage de la frontière espagnole sans encombre. On a prévu de rouler jusqu’à ARANJUEZ, petite ville située à 50 km au sud de MADRID. La partie Nord de l’Espagne, surtout par autoroute, est assez glauque. Les revêtements sont médiocres et les Espagnols conduisent comme des fous. C’est assez fatiguant. Arrivée à MADRID, Jacques a décidé de se rattraper et nous guide magnifiquement sur le périphérique madrilène en travaux et très complexe. On a perdu Philippe, mais on le retrouve bientôt à l’hôtel Mercedes, également réservé par Chantal. La chambre est bien, le repas assez quelconque. Un petit café accompagnant le briefing pour la journée de demain et au lit. Phil en profite pour enregistrer les traces de son gps sur son pc portable.

 
 

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Jeudi 07 octobre 2004 :

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Levés aux aurores, nous ne prenons pas le petit déj car il est seulement servi à partir de 08h00 et cela nous retarderait trop. En effet, nous allons essayer de relier ALGÉCIRAS, de traverser et de passer la frontière marocaine de SEBTA avant la nuit. Le but est d’atteindre la petite ville de LARACHE, à 50 km au sud de TANGER, pour y passer la nuit. Le rythme est bon. Petit arrêt casse-croûte à midi, et nous voilà repartis. P….., des flics ! La Guardia Civil. Ils nous font signe d’arrêter. J’obtempère évidemment. Pas de bol, ils ont vu Jacques mettre sa ceinture et moi je ne l’ai pas du tout.. 150 € ou 90 € si on paye tout de suite. Ils ne nous ont même pas demandé de montrer nos gilets fluorescents et notre double triangle obligatoires pour la traversée de l’Espagne ! On est vexé, on paye, on râle, et on met notre ceinture. Assez perdu de temps. Arrivée à ALGÉCIRAS, on retrouve el Senior Christobal, qui est notre contact au port et qui nous procure nos billets. Toujours impeccable, jamais de problème, et nous embarquons, pour 45 minutes de traversée, sur le ferry rapide de 17h. Arrivée à SEBTA sur le continent africain. On fait les pleins de carburant 4X4, motos et pilote (hors taxe bien sur). Les odeurs changent, les gens changent, la température change. Quelle énorme différence pour une si petite distance ! Il faut trouver un magasin de téléphone pour en acheter un à Mustapha, notre ami et guide marocain. C’est moi qui conduit. SEBTA est en animation car une fête locale a lieu. Arrivé sur la place, je demande à un policier espagnol où je pourrais trouver ce magasin. Et le brave homme m’explique, sans prendre attention au fait que je suis très encombrant. Me voilà parti dans les dédales de la petite ville. Bien entendu, il arrive ce qu’il devait arriver : Je tourne à un coin de rue et me retrouve coincé avec le 4X4 posé sur une sorte de plot décoratif, scellé dans le sol et la remorque ne pouvant ni avancer ni reculer. Alerte générale, la moitié de la Police rapplique, appelée par radio. Mais, notre illustre Jacques a une idée. On décroche la remorque de la jeep. Avec les policiers et les locaux, tous de très bonne volonté, on la recule et on la manoeuvre (3.000 kg) à la main. On arrive à décoincer le 4X4 de sonperchoir et nous revoilà partis, escortés par la police, comme des visiteurs officiels. Oui, mais çà ne fait pas mon affaire, car je n ‘ai toujours pas le téléphone de Mustapha. Je m’arrête donc devant le petit commerce, et sort pour en acheter un. Les policiers sifflent. Jacques me crie quelque chose mais je n’entends pas. Et quand je ressors du magasin, le convoi à disparu. Ah ! Non çà va! Je les vois passer en contre-bas sur la rue longeant le port, et disparaître dans la ville. Je retrouve enfin Jacques, qui a fait le tour de la ville sous escorte, à un rond point, et nous pouvons nous diriger vers l’une des épreuves psychologiques les plus éprouvantes du voyage : J’ai nommé « Le passage de la frontière marocaine » Un des souvenirs qui a marqué notre Phil… Expliquer au douanier que je suis conducteur d’un 4x4 appartenant à ma société, et que c’est également la moto de ma société qui est sur la remorque, passe encore. Mais lorsqu’il s’agit des autres motos, appartenant à d’autres sociétés qui ont donné procuration à un illustre inconnu pour la conduire, mais qu’il n’est pas présent et qu’il arrive trois jours plus tard par avion etc etc, Le pauvre gars en perd son latin, si je puis dire. Il m’envoie à son supérieur, qui m’envoie à son supérieur et ainsi de suite. Le chef suprême me regarde, regarde, éberlué, la montagne de documents devant lui et d’un seul coup se rue sur ses tampons. Il oblitère tous mes documents et me dit d’un air excédé « C’est bon, circulez, c’est en ordre ! » Cà nous a quand même coûté trois heures, 50 € et 1 kg de Chocotofs… La nuit tombe très vite au Maroc et en ½ heure il fait noir. Nous devons encore atteindre et traverser TANGER, et descendre jusqu’à LARACHE. Phil est effrayé par le danger que représentent ces véhicules avec des phares éclairant tout sauf la route, avec un seul phare ou pas de phare du tout, ces vélos circulant sans aucune signalisation et ces O.T.N.I (Objets Traversants Non Identifiés) du type mules, charrettes à bras, chiens, enfants. Et j’en passe... Nous voilà à LARACHE où nous rejoignons notre hôtel avec un parking gardé. Keftas obligent, on va casser une petite graine dans un de ces petits snacks sympas et retour à la chambre pour un sommeil bien mérité.

 
 

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Vendredi 08 octobre 2004 :

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Après un excellent petit déjeuner pris sous la tente caïdale, nous reprenons notre route vers MARRAKECH, via CASABLANCA. La descente se fait sans encombre et l’autoroute à péage, malgré tout traversée par de nombreux O.T.N.I, n’est pas trop mauvaise. Nous arrivons à la fin de celle-ci, dans la ville universitaire de SETTAT. Il reste encore 250 km d’une route dangereuse, terriblement fréquentée, et principalement par ces célèbres camions multicolores surchargés (le mot est faible !),De tout ; vaches, moutons, personnes, paille, bois ou le tout en même temps. Ils assurent le transport entre les villages montagnards et les villes. Les rois du klaxon. Nous arrivons à MARRAKECH que nous retrouvons avec plaisir. Direction l’hôtel Redouane où nous installons notre quartier général pour ce voyage, et dans le parking duquel nous stationnons la grande remorque, pendant le périple moto. Prise de possession des chambres et petit apéritif en bas. Nous hélons un « petit taxis »et direction la Place Jemma El Fna. D’abord, incontournable, le jus d’orange devant les petites échoppes dont les tenanciers vous guettent et vous appellent, puis la petite gargote en plein air où nous avons pris l’habitude de prendre notre repas du soir. Le patron et les cuistots ne nous ont pas oublié et les retrouvailles sont chaleureuses. Comme d’hab, « Keftas, Merguez, pain marocain et Harissa » Ensuite un bon thé à la menthe en surplombant la place enfumée, puis retour à l’hôtel où nous prenons nos quartiers. Demain, on a du pain sur la planche.

 
 

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Samedi 09 octobre 2004 :

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Nous descendons ma bécane de la remorque. Je dois remplacer ma batterie et mes plaquettes de freins, ce que je n’ai pas eu le temps de faire avant le départ. Pendant ce temps, Phil remplace ses roues équipées de pneus routiers par des jantes montées en TKC 80 adaptés à la piste. Le temps est extra, il fait 35° et la bonne humeur règne. L’Africa est vites terminée et nous terminons de remonter la BMW de Phil. Il part faire un essai, mais doit très vite déchanter car, pour une raison inconnue, le freinage en a été fortement modifié. Dès qu’il effleure son frein, la moto bloque net, ce qui est particulièrement dangereux. Après bien des démontages et remontages de jantes, disque, flasques d’ABS etc, la moto fonctionne enfin. Il est tard et nous allons vite nous préparer pour aller manger, à notre cantine habituelle, mais cette fois, accompagné par un charmant Espagnol qui faisait un tour en BMW GS 650, en solitaire. Le gars est vraiment sympa et nous projetons d’ailleurs de monter un voyage en Espagne, en collaboration avec lui. Nous finissons notre soirée par thé sur la place Jemma El Fna.

 
 

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Dimanche 10 octobre 2004 :


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C’est le D. DAY ! Nos Participants ont quitté leurs familles depuis ce matin pour se retrouver à ZAVENTEM, CASABLANCA et nous rejoindre à MARRAKECH où nous les attendons fiévreusement. Nous avons déchargé toutes les bécanes et les avons soigneusement aligné devant l’hôtel. Nous partons vers l’aéroport où nous avons rendez-vous avec le mini-bus prévu pour transporter notre groupe jusqu’à l’hôtel. Comme d’habitude le vol de CASA est en retard, ce qui ne nous arrange pas du tout au niveau planning. Enfin, ils sont là. Après quelques formalités diverses ils embarquent dans le bus. Ils sont partis très tôt ce matin, et sont affamés. Nous improvisons donc un repas plus ou moins rapide dans une sorte de pizzeria. Patricia et Michel ont tout prévu et sont déjà équipés. Les autres et nous même, nous équipons et c’est le départ, tardif, pour la première petite étape vers AZILAL. La route est belle et roulante et le groupe trouve directement son rythme. Mais le soleil est déjà bas à l’horizon et quand nous passons à hauteur de la bifurcation vers les Cascades d’Ouzoud, je décide de continuer sans m’y arrêter car le site ne donnerait rien dans la pénombre. Nous y reviendrons demain matin avant l ‘étape du jour. Il fait nuit quand nous arrivons à AZILAL où notre ami et guide MUSTAPHA, auquel nous avions donné rendez-vous, nous attend, accompagné du gentil mais collant frère de MOUBARAK. Nous prenons possession de nos chambres à l’hôtel ASSOUNFOU, chambres simples mais propres, avec douches froides… Nous nous retrouvons ½ heure après, à la réception pour aller manger, dans un petit restaurant local, en relation avec l’hôtel, où nous avion déjà mangé d’autres fois et que nous appréciions. Le repas est bon, nous prenons du thé à la menthe et peaufinons sur la carte le trajet du lendemain pour les pistards, car lors de nos reconnaissances, nous n’avions pu reconnaître cette piste qui était bloquée par la neige. Chacun regagne ses pénates pour une nuit interrompue par les Muezzins dans leurs lancinantes prières à Allah.

 
 

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Lundi 11 octobre 2004 :

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Nous prenons notre petit déjeuner dans le café attenant à l’hôtel. Jus de fruits, café noir ou au lait et thé à la menthe accompagné de pain, beurre et confiture. Prenons des forces car la journée va être longue. Pas autant que nous le pensons ! Chacun s’équipe et prépare sa moto, les sacs sont rechargés dans le 4X4 conduit par Philippe. Nous passons par la pompe pour faire tous les pleins et repartons sur nos traces d’hier pour 30 km en direction des cascades. La route à droite vers les cascades est en cours de rénovation et le couple Patricia-Michel, Jacques et Jack ne sont pas chauds pour tâter de la piste avec les Harley et la Varadero. Richard, lui, s’enhardît et suit les pistards à travers tout, avec sa Guzzi California ! Le jeu en vaut la chandelle. Le spectacle de ces chutes d’eau tombant de plus de 100m de haut et l’environnement de verdure et de rochers aux tons multiples a quelque chose de féerique. Après un bon thé à la menthe « le Whisky Berbère » comme ils l’appellent, et l’achat de chèches pour protéger les visages de la poussière, nous reprenons la route vers AZILAL où les Routards nous attendent en sirotant une petite collation importée par la famille SALDEN… Nous refaisons tous le plein car la route et la piste à venir ne sont pas équipées de stations de carburant. Séparation des groupes : le groupe des Routards composé de Jacques ouvreur avec une Electra Glide et Jack en Fat Boy, Richard avec la Moto Guzzi, Patricia et Michel sur la Honda Varadero et Phil avec la BMW G.S 1150 Adventure, part vers le Lac de Bin El Ouidanne et le Tizi N’ Isly. Tandis que les Pistards, Nicolas ouvreur en Africa Twin, Jean-François en KTM 950 Adventure, Pascal en BMW G.S 1.200, Marc en Honda Dominator et Philippe et Mustapha dans le 4X4 d’assistance, un TOYOTA Land Cruiser, empruntent un itinéraire que nous avons décidé d’appeler « La Piste des Belges » Par la Zaouïa Temga, la célèbre « Cathédrale ». Nous nous donnons rendez-vous ce soir à l’auberge au bord du Lac Tislit. Le paysage est immédiatement superbe. Dans un premier temps je roule devant, puis laisse partir J.F qui survole littéralement la piste avec sa KTM. Cette moto est vraiment incroyable. J’aurai d’ailleurs l’occasion de l’essayer quelques jours plus tard. C’est véritablement un vaisseau ! Pascal découvre sa toute nouvelle BMW G.S 1200 acquise il y a cinq jours aux Etablissements FAIGNOY et sur laquelle il n’a pas encore roulé, hormis le trajet entre le garage de Waterloo et ma maison à Rhode. Soit 5 km… Marc, quant à lui, découvre les mystères de la conduite sur piste. Il vient de tomber. Rien de grave, et quand il a senti qu’il partait, il s’est laissé tomber. Nous repartons, mais je roule en me retournant ou regardant sans cesse dans mon rétroviseur. Et évidemment, il arrive ce qu’il devait arriver : Quand je regarde à nouveau devant moi, la piste fait un 180° à droite. J’arrive trop vite. Je freine et me couche dans le bas côté. La bécane est un peu abîmée mais rien de grave non plus. Pascal qui m’a vu tomber, vient à ma rescousse car ma jambe droite est coincée sous la moto. Merci Pascal ! Nous repartons tout de suite à l’attaque pour conjurer « LESORT » …. Nous nous mettons à la recherche d’un endroit pour pic-niquer. Comme nous sommes assez hauts en altitude, le vent est fort et nous nous installons finalement bien à l’abri, entre deux collines. Les paysages sont époustouflants. Nous déjeunons tranquillement, tandis que se pointe l’inévitable, l’incontournable, celui qui arrive d’on ne sait où, j’ai nommé : le Visiteur. Dans ce cas, il s’agit d’un berger solitaire, dont on a jamais vu le troupeau. Nous l’invitons à partager notre repas et lui faisons découvrir le fromage de Maredsous, les Marquisettes de Delacre et les Chocotofs qu’i apprécie beaucoup ! Pendant ce temps, Marc, qui pense toujours à tout, lui fait le portrait avec son polaroïd et lui offre la photo. Notre invité est aux anges. Mustapha s’impatiente. « Il faut y aller, sinon on va rouler dans le noir !» Euphémisme ! Nous reprenons notre piste en croisant d’abord un dromadaire. Puis, en arrivant en haut d’une côte, je découvre un spectacle extraordinaire. J.F a arrêté sa moto et me fait signe d’éteindre la mienne. Avec des ruses de sioux, il tente d’approcher une mule plantée au milieu du chemin. Il faut que nous puissions passer sans l’effrayer et risquer de la faire fuir. Elle appartient sûrement à quelqu'un puisqu’elle porte un bât. Mais rien n’y fait. A chaque pas de J.F, l’animal en fait deux. Découragé après cinq minutes de tractations diverses, nous remontons sur nos machines et tentons d’avancer. A gauche la paroi rocheuse et à droite 500 m d’à pic. Il n’y a aucune issue, et la foutue bestiole caracole devant nous en ruant et se retournant, pendant près d’un kilomètre. Nous ne pouvons strictement rien y changer. Subitement, elle aperçoit un minuscule sentier à gauche dans lequel elle se précipite, nous laissant ainsi le champ libre. Ouf ! J’ai vraiment cru à plusieurs reprises que cette idiote allait plonger dans le vide. Un peu plus tard, nous arrivons face à la Cathédrale. Le lieu est magique. Petite halte pour attendre Marc et le 4X4. Surprise ! Dans un petit « chip – chip – chip » discret, Marc arrive en roue libre, moteur éteint. Heureusement que çà descend. Il est à nouveau tombé, cette fois, plus durement. Lui s’en sort sans rien, mais la moto est endommagée. Le support de la tête de fourche est plié, le porte fusibles a ramassé un sale coup et la Dominator ne veut plus démarrer. J.F et moi mécaniquons et après ½ heure, le moteur tourne à nouveau. Les pièces endommagées sont rangées dans le 4X4 qui nous a rejoint pendant ce temps. Et c’est reparti. Il faut avancer car l’après-midi est bien avancée et on sent bien venir le crépuscule. A la tombée de la nuit, Marc crève à l’avant. Vive les bombes de réparation ! On continue. Il fait maintenant nuit noire et Marc, qui n’a plus d’éclairage à l’avant est encadré par J.F devant et Pascal et moi derrière pour tenter d’y voir quelque chose. Nous traversons un bled de 24,5 habitants où nous achetons de quoi boire (du Fanta chaud !) Le chef de ce dernier nous explique que çà va se compliquer sur une dizaine de kilomètres, quand il faudra emprunter la piste qui est carrément dans l’oued. Effectivement, çà se complique ! Après dix heures de moto, les galets, l’oued, dans le noir, le froid et avec une moto sans éclairage, çà fait beaucoup ! La fatigue se fait maintenant fortement ressentir. Mais il faut continuer…Et nous continuons…. à rouler dans l’oued. On rentre, on sort, on tombe, presque à l’arrêt. Mais on est quand même tous bien mouillés. Pascal est le seul à ne pas avoir eu de problème. Marc, J.F et moi sommes tombés, Philippe et Mustapha sont restés plantés sur un rocher. Il est une heure du matin. Nous avons loupé la sortie sur la route goudronnée et fait au moins vingt bornes d’oued en plus. Mustapha recherche des traces de roues à la lumière de son briquet. Tout va bien ! Nous trouvons enfin une piste sèche qui nous fait contourner un J’bel et nous remet au village de Bou T’Ferda. Je m’y retrouve. Encore une bonne heure de route et de cols bien froids et bien venteux et nous arrivons enfin au Lac Tislit. Il est quand même deux heures quarante cinq du matin ! L’auberge est silencieuse. Le gardien nous ouvre en nous regardant comme si on étaient des martiens. A mon avis il a fumé quelques arbres… Nous nous jetons dans nos lits où nous nous endormons tout de suite. Quel bonheur ! Vous avez dit « Galère » ? Vous vouliez de l’aventure ? Et bien en voilà ! En tous cas, bravo à vous tous car malgré la situation, tout le monde a gardé le moral ou en tous cas, a fait semblant de le garder. Et c‘est très important parce que c’est ce qui fait l’unité d’un groupe.

 
 

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Mardi 12 octobre 2004 :

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La fatigue se lit sur les visages, mais les sourires sont présents. Je suis rassuré. Et Jacques aussi ! Malgré son air sûr de la veille au soir vis à vis des autres, il se demandait vraiment où on était. Parce qu’évidemment il n’y avait pas une once de réseau GSM, donc aucune nouvelle de nous. Nous découvrons que l’auberge est toujours aussi désastreuse au niveau organisation. Jacques a dû repartir chercher des oeufs et des tomates pour faire une omelette pour leurs repas d’hier soir. Alors que tout était réservé et confirmé ! Dommage car un lieu idyllique comme celui-là, avec un tout petit effort pour la bouffe, ce serait parfait ! C’est l’heure de raconter les galères. Le groupe est bien entier et tout le monde se marre. Etant donné la journée d’hier, nous décidons ,d’un commun accord, de transformer la journée de pistes entre IMILCHIL et ALNIF par une journée conjointe avec le groupe des Routards qui vont de IMILCHIL à RICH et RISSANI. Cà fera du bien à tout le monde. Nous voilà partis en quête de carburant. Dans l’Atlas, les stations n’existent pas. Il y a parfois dans certains villages, un fût avec une cinquantaine de litres d’essence que l’on se partage à prix d’or. A force de cinq litres, on a assez d’essence pour rallier RICH. Arrêt thé à la menthe ou Jet 27, c’est selon. Nous offrons un Tee-shirt Zone Voyages au patron de l’épicerie /bar. Je pars en avant pour me positionner dans une courbe pour une petite séance vidéo. La route serpente au milieu des montagnes du J’bel Ayachi. Nous arrivons à sur la place de RICH où nous prenons notre repas de midi. Tajines, Keftas, etc. Après le plein de carburant, nous repartons plein sud vers ER RACHIDIA – ERFOUD et RISSANI. Passage du tunnel du Légionnaire, Barrage Hassan II, Source Bleue de Meski, et arrivée à ERFOUD que nous traversons sans s ‘arrêter. Quelques kilomètres après, nous entrons dans le parking du bel hôtel ASNAA où nous retrouvons le gardien qui n’a pas oublié que je lui avais promis de ramener des peluches pour ses enfants. Je n’ai pas oublié, et pendant que les autres boivent leurs apéritifs, je lui remets ses cadeaux qui lui font très plaisir. Pour me remercier, il m’offre des dattes du jardin et nettoie le pare-brise du 4X4. L’hôtel est confortable : piscine, terrasses, et la soirée est bien agréable. La table est excellente et résonne de rires et du chant que Michel veut absolument nous faire chanter : « La fille du bédouin….. » Bien lui en prend car même le serveur marocain, la connaît et accompagne Michel dans sa vocalise. Pendant ce temps, je me suis éclipsé pour subir un discret et courtois interrogatoire de la Police locale à propos de mon groupe, de mon guide, de ma provenance et de ma destination. Le prétexte officiel est notre sécurité. La vérité, c’est que le Maroc est un état policier dans lequel tout doit se savoir. Cela ne me dérange nullement et je me prête volontiers au questionnaire qui ne dure d’ailleurs qu’une quinzaine de minutes. Nous allons nous coucher relativement tôt car nous avons quelques heures de sommeil à récupérer et demain nous reprenons le parcours initial, la piste du Sud par EL FECHT, OUM - JRANE, TISSEMOUMINE & TARHBALT, pour rejoindre ZAGORA. Nous devons récupérer l’appareil que Jacques a oublié chez notre Ami au mois de mars.

 
 

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Mercredi 13 octobre 2004:

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Le petit déjeuner set pris sur la terrasse sous la tente berbère. Nous rechargeons nos sacs dans le 4X4 et graissons nos chaînes (sauf ceux qui ont un cardan évidemment !) en vue de la piste d’aujourd’hui. Nous devons encore faire quelques emplettes à RISSANI pour avoir de quoi boire et manger. Il fait déjà 35° et çà cogne dur. Nous quittons RISSANI par la route au milieu du reg, via MECISSI. Nous voilà à la borne en direction d’EL FECHT. Nous quittons la route et nous enfonçons en plein désert de reg. Phil va tenter une expérience « Reg » avec celle que J.F appellera dorénavant Moby Dick, la BMW G.S 1.150. Quelques kilomètres plus loin, il devra faire demi-tour, ne sentant vraiment pas à l’aise. Il préfèrera revenir sur ses pas en ralliant ZAGORA par la route. Nous, nous continuons notre piste en suivant les points indiqués par mon GPS vers l’appareil de Jacques. Au passage un peu raide d’une grande fosse à fèche-fèche, le fixe-au-toît se prend pour une danseuse du ventre et saute en dehors de ses fixations. Déchargement du matériel, réparation, allégement, remontage et rechargement, nous pouvons enfin repartir. Mais il faudra désormais faire attention aux passages durs et secouants. Le GPS est une engin génial et il nous mène pile – poil à la maison complètement isolée de tout, de notre ami. Quel accueil ! Il sort de chez lui en levant les bras au ciel et tombe dans mes bras en riant de bonheur. Puis, après avoir embrassé Marc qu’il connaissait, et fait connaissance avec le restant du groupe, il me fit signe d’attendre là et partit en courant vers sa maison. Faut-il préciser que l’homme est en djellaba et pieds nus ! Il ressort en tenant triomphalement au dessus de sa tête un sac de plastic contenant l’appareil que Jacques avait oublié au mois de mars et me le remet solennellement. Après notre précédent passage, nous avions la certitude qu’il le mettrait de côté. Mais malgré tout, cela a renforcé notre sentiment pour cet homme dans lequel nous avions placé notre confiance. Je lui remets les cahiers, les stylos et les fournitures scolaires que nous avions acheté Jacques et moi à Bruxelles. Sa joie est sincère et il nous invite, comme la fois passée, à partager non seulement le thé mais également un repas complet avec du pain et du beurre qu’il fait lui-même, mais aussi des olives, des tomates, des fruits et… des frites ; froides. Apparemment c’est une spécialité marocaine car au cours de ce voyage, il nous a été souvent donné l‘occasion de manger ce curieux et peux goûteux plat. La présence, dans la demeure de notre hôte, de l’ Imam de la région est intéressante, et nous devisons agréablement grâce entre autres au travail de traduction de notre guide Mustapha. Mais le temps passe trop vite et il est grand temps de prendre congé de nos amis. Au moment de partir, je prends la dernière peluche qu’il me reste, un gros nounours, que j’offre à la plus petite des filles de Mohamed. La petite n’en peut plus de joie et serre le jouet sur son coeur en me faisant des grands signes pour me remercier et me dire au revoir. Nous avons repris la piste vers TARHBALT. Les paysages sont grandioses. Mélange de pierre noire et de sable doré. Un régal pour les yeux ! Nous arrivons à l’entrée du gros village et une nuée de gosses nous tombe dessus. Les uns tentant de monter sur la moto, les autres nous demandant « Siouplé, Msiou, donnes moi un dirham ! » ou nous regardant avec un air envieux. Nous continuons vers le centre car il fait plus de quarante degrés et nos bouteilles d’eau sont presque bouillantes. Heureusement le petit commerce local possède un frigo dans lequel nous trouvons de l’eau bien fraîche. Pendant notre petite pose, nous faisons la connaissance de deux très jeunes instituteurs, venus de CASABLANCA pour instruire les enfants du village. Des gars super sympas qui nous expliquent la difficulté de l’instruction dans ces régions. La journée est déjà très avancée, et nous ne souhaitons pas réitérer l’épisode de la piste de nuit. Nous décidons donc de quitter l’itinéraire piste et de rejoindre ZAGORA par TAZZARINE au départ de laquelle la route est goudronnée. C’est un peu dommage mais c’est beaucoup plus sur. Nous passons donc par N’KOB, et rejoignons la route arrivant au nord de OUARZAZATE et longeant la superbe vallée du Drâa. Via TANSIKHT. Nous croisons d’abord un groupe de « Béhèmistes » tous en GS , rentrant au bercail. Puis, un peu avant d’arriver à ZAGORA, nous passons à hauteur d’un effroyable accident de la circulation. Un vieux minibus transportant des gens dedans, sur le toit, et accrochés aux portières comme d’habitude au Maroc, s’est retourné, parsemant la route et le bas côté de corps disloqués. Nous ralentissons pour voir si l’on peut aider, mais les secours sont déjà sur place et nous continuons sans nous attarder. Arrivée dans le noir au camping « Les Jardins de Zagora » chez notre ami Mohamed ( encore un). Le groupe des Routards et Phil sont arrivé quelques heures avant nous et sont déjà à l’apéro depuis un bon bout de temps. L’ambiance est chaude. D’ailleurs, Mohamed fait partie de la fiesta. Celui là n’est jamais loin quand l y a un coup à boire. Le bon musulman… Nous déchargeons nos affaires du 4X4 et prenons nos quartiers dans les petites tentes installées de l’autre côté de la grande tente principale servant de salle à manger et de salon. Avant d’aller prendre une bonne douche, chaude, je passe un moment avec le groupe et nous nous racontons nos anecdotes de la journée. Pendant ce temps, Marc découvre un charmant petit lézard rose qui lui tient compagnie pendant ses ablutions. Nous avions bien insisté auprès de Mohamed, pour qu’il ne nous serve pas, comme les autres fois, son délicieux couscous keftas merguez à 23h00. Cette fois ci, il n’en est rien et nous passons à table vers 20h30. Ce qui est déjà pas mal, puisque nous sommes décalés de deux heures par rapport à notre horaire belge. Il est donc 22h30 en Belgique. Le repas est excellent et l’ambiance chaleureuse. Richard subit l’assaut de Mohamed voulant à tout prix, c’est le cas de le dire, lui vendre son lustre marocain en cuivre. Heureusement, il lui résiste. Cette nuit là, on ne saura jamais ce que Mohamed a fait subir aux chiens locaux. Toujours est-il qu’ils ont hurlé toute la nuit.

 
 

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Jeudi 14 octobre 2004 :

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Malgré cela, la nuit a été bonne et chacun se réveille en pleine forme. J.F , avec l’aide de Pascal, doit démonter la roue avant de sa KTM, la seule moto à crever pendant la nuit… Nous sommes relax puisque l’étape du jour est relativement courte. L’entretien des motos, les réparations et le remplissage d’une bouteille vide avec du Côtes du Rhône, pour Mohamed, se font sur les vieux Boogie Woogie de Carl Sonny Leyland, qui passent à fond sur le lecteur C.D du 4X4. Nous allons faire le plein de carburant à l’entrée de Zagora, puis repassons par la Fibule du Drâa, le magasin du copain de Mohamed qui veut absolument nous vendre des tapis. « Soyez les bienvenus, nous acceptons les cartes en plastique, les chèques en bois – C’est gratuit jusqu’à la caisse» Ha ha ha ! On a droit au thé de la soi-disant Amitié et une démonstration de vente des tapis et de bijoux tous d’origine ! Michel offre à Patricia une superbe Croix du Sud sur un socle. Nous repartons vers Mhamid à 90 km plus bas pour notre rendez-vous avec Hassan vers le bivouac du soir. La route est belle et se passe sans histoire. Nous entrons dans Mhamid et nous dirigeons directement vers le Camping où les Routards vont entreposer leurs motos jusqu’au lendemain matin. Etant donné que le goudron s’arrête là, nous avons prévu un second 4X4 qui les transportera de Mhamid jusqu’au beau milieu des dunes de l’Erg Chegaga, 80 km plus au sud, où nous passerons la nuit. Hassan a prévu le repas de midi chez lui et nous dînons sous une paillote arrimée à des troncs de palmiers. Le repas est composé de salade de tomates, concombres, olives, de brochettes de dromadaire un peu coriaces mais pas mauvaises et de frites, la grande spécialité marocaine. Phil nous demande à J.F et moi d’aller tester Moby Dick dans le sable, pour savoir s’il va la laisser avec les autres motos de route au camping ou partir avec sur les pistes cette après-midi et demain. Nous la testons tout les deux et en arrivons à la même conclusion : Ce n’est pas la moto idéale pour 80 km de fesh-fesh , mais c’est roulable. Et nous voilà repartis. Patricia, Michel, Jack, Jacques, Richard et Mustapha dans le Land-Rover et Philippe et Hassan dans le Toyota de Zone Voyages. Sur la piste, J.F avec mon Africa, Marc en Dominator, Pascal sur sa GS 1200, Phil sur Moby Dick, et moi sur la KTM de J.F. Les passages sont relativement techniques surtout pour quelqu’un qui n’a jamais pratiqué le sable. Il faut passer relativement vite en choisissant de préférence des zones où le sable n’a pas été entamé et est donc plus porteur. Tenir la moto qui surfe sur le sable en zigzaguant, tout en se déplaçant d’avant en arrière pour « charger » ou « délester » l’arrière ou l’avant selon qu’elle plonge ou non. Deux à trois fois, J.F et moi ferons quelques aller et retour pour aider les motos enfoncées jusqu’aux moyeux. Richard est même mis à contribution pour piloter ma moto lorsque je suis occupé avec Moby Dick. Une crevaison du Toyota va nous faire perdre un peu de temps et, pour changer, nous arrivons en vue de l’Erg Chegaga à la nuit tombante. Entamer une dune d’une vingtaine de mètres, plein gaz pour ne pas se planter, dans le noir complet, sans savoir ce qu’il y a derrière, je confirme c’est la décharge d’adrénaline presque à chaque fois ! A cent mètres du bivouac les deux BMW sont plantées dans le sable l’une près de l’autre. Leurs propriétaires, jugeant que premièrement « lls en avaient entre autres, plein les bras » et deuxièmement qu’il n’y avait aucun risque de vol, vu la manière dont les motos étaient soudées au sol, décident de les laisser là. Les autres arrivent tant bien que mal à amener les leurs jusqu’au lieu de bivouac. Les tentes berbères sont installées en demi-cercle autour d’un âtre réalisé en pierres, et sur lequel l’équipe de Hassan fait rôtir un un agneau. Après la Harira, la soupe de pois chiches, nous entamons le méchoui accompagné d’un délicieux et (trop) abondant couscous. Le tout est d’abord arrosé du Côtes du Rhône gentiment offert par Jacques, puis par le sempiternel « Whisky Berbère » le thé à la menthe. Alors que nous devisons tranquillement, Hassan, croyant nous faire plaisir claque dans ses mains pour faire venir un groupe de musique locale, dont nous n’avons pas grand-chose à faire. Mais bon, c’était par gentillesse. Je vais chercher mon duvet, me déshabille et me couche à même le sable. Je m’endors rapidement au son des tambourins et des chants touaregs. Marc et Hassan continueront à discuter une bonne partie de la nuit.

 
 

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Vendredi 15 octobre 2004 :

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C’est le premier jour officiel du Ramadan. Hassan, a qui je l’ai demandé, vient me réveiller à cinq heures pour assister au lever du soleil sur les dunes. C’est en effet un spectacle à ne manquer sous aucun prétexte. Je vais réveiller les autres et nous gravissons, péniblement, les dunes. Nous contemplons l’astre solaire sortant de derrière l’horizon. Il illumine les dunes en leur donnant une teinte orangée et en faisant jouer les ombres. C’est de toute beauté ! Sous un tout autre registre, ici les toilettes n’existent évidemment pas. Cela donne lieu à un étrange balai de promeneurs solitaires équipés d’une pelle et d’un rouleau de papier rose…Après un solide petit déjeuner, Il est maintenant temps d’aller déplanter nos « Motos de Rommel » comme dirait notre ami Jacques. Nous nous y mettons tous pendant que Philippe filme, et après quelques beaux efforts, les motos se retrouvent sur un sol moins meuble. Le bivouac est rangé. Nous faisons nos adieux aux Routards qui vont reprendre le chemin inverse vers Mhamid et récupérer leurs montures pour remonter toute la belle vallée du Drâa jusqu'à OUARZAZATE et nous retrouver ce soir à AÏT BEN HADDOU , notre dernière étape avant MARRAKECH. Nous, nous devrons traverser les dunes de l’erg, vaste programme, et remonter vers FOUM-ZGUID et TAZENAKHT pour rejoindre les autres, ce soir, à AÏT. Phil, qui est au milieu des dunes avec Moby Dick n’a d’autre alternative que de nous suivre. La traversée donne lieu à quelques « Grands Moments » mais se déroule plutôt bien et nous abordons la piste partant plein ouest vers FOUM-ZGUID. Elle est toute en gros cailloux et très cassante, mais Phil s’y sent plutôt bien. En tous cas beaucoup mieux que dans le fesh-fesh ! Arrivés à Zaouïa Sidi Abn En Nebi, nous prenons des bouteilles d’eau et buvons une limonade. Nous en profitons pour offrir au jeune instituteur un paquet de feuilles blanches et des bics pour sa petite classe. Il nous remercie et nous prenons congé de lui pour continuer notre pénible progression sur cette piste franchement peu confortable. Le passage sur la zone asséchée du Lac Iriki nous procure un court répit. Avant d’aborder le poste militaire à la sortie du lac, nous croisons un troupeau de dromadaires. Ce contrôle a pour but, toujours d’après les militaires, d’éviter que les touristes ne se perdent. Nous n’y croyons qu’à moitié mais nous le subissons poliment. « D’où venez-vous ? Où allez-vous ? etc.. » Il fait terriblement chaud et le thermomètre du 4X4 indique 43 °. Nous cherchons quelques millimètres « d’ombre » sous un arbousier que les dromadaires ont bien voulu laisser plus ou moins intact, mais sans aucune feuille. L’eau est chaude. C’est vraiment dégeulasse mais c’est mieux que rien. Nous arrivons en vue de FOUM-ZGUID où nous buvons goulûment une limonade, celle-ci bien fraîche et nous contentons d’un frugal mais consistant plat de dattes. La piste s’arrête ici et le goudron reprend ses droits. Après avoir refait le plein nous continuons notre route vers TAZENAKHT, ville peu passionnante et rejoignons la grand-route MARRAKECH – OUARZAZATE, après quelques cols aux routes tournicotantes, dans lesquels il a faut bouffer la fumée noire et nauséabonde des camions ou des taxis qui nous précédent. En effet, tant qu’ils n’ont pas indiqué clairement la possibilité de les dépasser en allumant leur clignotant et en faisant signe avec leur bras, il est franchement déconseillé, voir carrément suicidaire de le faire. Et ça peut durer parfois longtemps ! Incroyable ! On arrive alors qu’il fait encore bien jour, et en plus on est avant les Routards. Il faut dire qu’ils avaient une sacrée trotte à faire. En les attendant nous prenons une petite collation que je transporte secrètement depuis le début du voyage. Nous sommes installés dans une grande tente très bien agencée et décorée. Un grondement sourd nous laisse savoir que nos amis approchent. Effectivement, les deux Harleys, la Guzzi et la Varadero s’arrêtent devant l’hôtel « La Baraka ». Tout s’est bien passé pour eux aussi et nous entamons notre avant dernière soirée ensemble. Une bonne douche et nous passons à table. Le repas est à nouveau excellent et nous passons une bonne soirée. Mais la fatigue est là et nous ne tardons pas à monter nous coucher.

 
 

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Samedi 16 octobre 2004 :

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Nuit superbe. Pas de muezzins, pas de chiens. Nous descendons prendre notre petit déj. A sa grande surprise, J.F voit son verre de café au lait lui éclater dans les mains. Et il arrive la même aventure à Richard. Il nous faudra dorénavant réchauffer les verre avec la vapeur du thermos pour éviter le choc thermique. Avant le départ, Jack se fait photographier et filmer sur sa Harley avec deux couleuvres qu’un local lui enroulé autour du cou, pour la modique somme de… Les parcours d’aujourd’hui sont en partie différents. Nous partons par la piste et remontons vers la célèbre casbah de TÈLOUÈT où les Routards nous rejoignent, eux, par la montée vers le Tizi N’ Tichka. Phil qui aime bien rouler à sa mode part également par la route, mais en avant et seul. Il va essayer de nous retrouver à la fin de la piste, juste avant ANIMITTER. La région est superbe. Les couleurs vont du brun – rouge de la roche en passant par tout les verts de la vallée irriguée par l’oued y descendant, et le bleu du ciel. Et ce qui est agréable, c’est que les enfants accourent à notre passage, mais se contentent de nous regarder sans rien demander. En haut d’une côte, dans un virage, nous nous arrêtons pour acheter quelques souvenirs à des enfants qui proposent un petit étal d’objets ; colliers, tours de cou, bagues et fausses pierres. A l’entrée d’ANIMITTER, un photographe nous attend au détour de la piste. C’est Phil qui s’est positionné et nous mitraille avec son appareil numérique. Nous prenons une petite limonade et Pascal qui n’est pas au mieux de sa forme, boit un coca en espérant calmer un peu sa « Tourista ». Nous rejoignons les autres qui nous attendent dans une petite auberge en face de la casbah. Nous commandons des keftas et des omelettes berbères. Cette fois, les frites battent tous les records ! Non seulement elles sont froides, mais en plus dégoulinantes de graisse et complètement calcinées. La tête de Phil en est la preuve. Pas mal non plus, la visite de l’un des plus beaux sites architecturaux de l’Atlas. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. On se demande où va l’argent. A part le dernier vestige, une très belle pièce toute revêtue de splendides mosaïques et de magnifiques ouvrages en plâtre. Le restant tombe complètement en ruines. Le tout dégageant une écoeurante odeur d’urine chauffée au soleil, et couvert de papiers et plastiques divers. Le guide qui nous a fait « visiter » n’en connaît pas plus que nous, et quand on lui pose des questions, il n’y répond pas ou complètement à côté. Et quand Richard aperçoit d’anciennes batteries entreposées dans un coin, il lui répond qu’elles sont d’époques, c’est à dire fin XII ème début XIII ème siècle. L’éclat de rire est général ! C’en est trop. Par gentillesse, nous nous cotisons et lui laissons quand même un pourboire, pourtant peu mérité. Cela ne l’empêche pas d’essayer de nous embarquer dans la boutique contiguë à la casbah et de nous fourguer des plats à tajine, des chèches, et des babioles. « Juste pour le plaisir des yeux ! » Nous nous encourons vers nos motos et parvenons à nous éloigner de ce piège à touristes. Nous reprenons à l’envers la route que les Routards ont emprunté ce matin et nous retrouvons la route OUARZAZATE – MARRAKECH que nous prenons vers MARRAKECH en montant le Tizi N’ Tichka. Tizi voulant dire col en berbère, il s’agit du plus haut col routier du Maroc, 2.700 m. Je vais me positionner pour filmer le groupe entier qui passe. Puis, je repars pour rattraper les autres. Je passe, Marc, Richard, Michel et Patricia, et Pascal. Je me trouve derrière Jack précédé de J.F et de Jacques ouvreur avec son Électra. Phil est partit en avant. Le rythme est soutenu. Les deux Harleys raclent tout ce qu’elles peuvent et des gerbes d’étincelles sortent de dessous leurs repose-pieds. Je vois Jack entrer dans une courbe gauche, et à ce moment, je sais qu’il arrive trop vite. Il penche, penche encore plus et soudain sa roue arrière se dérobe et il part à la faute. Sa moto glisse au sol et va s’arrêter contre le rail de sécurité, heureusement prévu pour empêcher une chute de certainement 300 à 400 m ! Mais Jack ne suit pas sa moto et reste au milieu de la route. Je ne peux l’éviter qu’en me jetant par terre. Ce que je fais… Pas de bol. A cause de la chaleur, nous roulions, grave erreur, en tee-shirt. Je me relève et cours vers Jack qui se relève également. Ouf ! Apparemment les dégâts n’ont pas l’air trop grave. Jack et moi avons tout les deux le coude gauche en sang, mais c’est tout. Bon d’accord, les bécanes ont un peu souffert. Repose-pieds, pare-chutes, et un peu de plastique et la bulle en plexi de la Fat Boy qui s’est détaché. Mais on s’en sort super bien. Les autres déboulent derrière et se précipite vers nous. Le 4X4 arrive et Phil sort la trousse de secours. Patricia est super efficace, vérifiant même que l’eau en bouteille, gentiment proposée par un 4X4 de touristes français, soit bien de la bouteille et pas d’une source. Elle lave les plaies, y applique des tulles gras et un bandage. Jack et moi repartons dès que possible. Après une chute, il faut, dans la mesure du possible, directement remonter en selle pour conjurer le sort. La fin de la descente se passe sans encombre et nous retrouvons nos prédécesseurs qui, avertis par Marc, nous attendent inquiets en bas du col. La bonne humeur est de retour. Cà picotte bien au coude mais on rigole et on reprend la route pour la fin de la dernière étape vers MARRAKECH où nous arrivons vers 17h30. Nous reprenons nos chambres à l’hôtel Redouane auquel nous avions laissé la grande remorque. La douche et un bon apéro sont les bienvenus après toutes ces émotions. Ce soir, il est prévu d’aller manger sur la place Jemma El Fna avec tout le groupe. Nous nous partageons dans trois taxis et hop ! Rendez-vous devant la Koutoubia. Nous arrivons enfin à réunir le groupe éparpillé autour de la place et nous dirigeons jusqu’à la boutique n° 32. Soyez les bienvenus ! Nous sommes pris en charge par l’équipe des cuistots qui nous prépare pour Michel des tripes, pour Jacques et Marc du poisson, et pour les autres, devinez quoi… des keftas, des merguez et des frites. Chaudes, celles ci. Patricia a pris soin de nous demander d’emporter un cubi de vin rouge des réserves. Ce soir là, on a fait très fort. En plein Ramadan, au beau milieu de la place Jemma El Fna, nous déballons tranquillement le pinard et demandons aux cuisiniers de nous fournir les verres. Ce qu’ils font avec gentillesse. Ha ! Ces Européens quand même ! Jack n’est pas très à l’aise au milieu de cette foule. Et après le repas, il préfère retourner à l’hôtel. Après ces six jours passés dans une certaine tranquillité, il est vrai que le brouhaha de cette ville grouillante est assez effrayant. Nous terminons notre soirée en prenant une glace et regagnons également l’hôtel. De toutes façons, il ne faut pas se coucher trop tard car demain matin, réveil à cinq heures pour un petit déj prêt à cinq heures trente. Leur avion décolle à sept heures trente.

 
 

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Dimanche 17 octobre 2004 :
 

Tout le monde est debout. Michel n’a pas bien supporté les tripes d’hier soir et est un peu vaseux. Rien à faire, c’est fini et çà pue la fin du voyage. Le petit déjeuner est prêt à l’heure. Le mini bus est également très ponctuel. On embarque et c’est partit vers l’aéroport. Le dimanche à cette heure ci il n’y a pas de circulation et vingt minutes après nous pénétrons dans le petit hall. Il y a pas mal de monde et dans l’une des files nous reconnaissons l’acteur belge nominé aux oscars Olivier Gourmet avec sa famille. Ils prennent le même avion vers Bruxelles, via une escale à Casablanca. C’est l’heure des adieux. Jacques et moi recevons, non sans une certaine émotion, les remerciements de chacun. Cette fois ci ça y est, c’est vraiment fini. Ils sont passés de l’autre côté de la vitre et se trouve maintenant dans la zone douanière. Nous nous saluons mutuellement d’un dernier geste et repartons vers l’hôtel. Après quelques heures de repos, et avec la gentille aide de Phil, nous rechargeons une à une toutes les motos. Sanglages, arrimage, fixation des deux câbles de sécurité. Puis nous prenons une bonne douche car nous sommes invités à souper chez une connaissance de Chantal, l ‘épouse de Jacques, qui organise des stages de peinture à Marrakech. Elle loge avec une dizaine de personne dans le ryad qu’elle loue à un architecte belge très en vogue au Maroc, spécialiste en aménagement de ce genre de bâtiments. Il est d’ailleurs présent avec son épouse. Nous passons une excellente soirée agrémentée d’un délicieux repas marocain, dans cette maison de toute beauté en plein coeur de la Médina. Nous ne rentrons pas tard à l’hôtel et, avant d’aller nous coucher après cette longue journée, nous saluons également Phil qui démarre très tôt demain matin avec sa moto. Il compte rouler jusqu’à SEBTA, passer la frontière et tâcher de traverser vers l’Espagne encore le même jour. Quand même 700 bornes dont une partie sur les routes que l’on sait… Bon courage Phil !

 
 

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Lundi 18 octobre 2004 :

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Nous mettrons ces deux jours à profit pour aller en repérage dans une région que nous souhaitons également exploiter et ajouter à notre parcours. Tout le massif de l’Oukaïmeden. Le J’bel Toubkal, point culminant du Maroc à 4.167 m. Pour ce faire, nous avons décidé d’aller nous installer à l’hôtel du Coq Hardi, à Âït-Ourir à cinquante kilomètres au sud-est de Marrakech, sur la route du Tichka. Le lieu est beaucoup plus agréable qu’en plein centre ville. Les chambres sont du style « motel » et en plus sont agencées autour d’une superbe piscine. Il y a un bar et même une salle de billard ! Nous décidons d’ailleurs d’en faire notre nouvel hôtel de base qui remplacera avantageusement le Redouane lors de nos prochaines randonnées. Nous décrochons la remorque dans le parking clos et gardé par un féroce molosse. Encore un avantage en plus et pas besoin de gardien à rémunérer. Un bon os et c’est gagné. Les reconnaissances d’aujourd’hui se limiteront à une demi-journée car il est déjà midi. Nous partons vers la vallée de l’Ourika, et Amellougui. Nous traversons le souk de DAR CAÏD OURIKI où, par curiosité, j’ai le malheur de demander le prix d’un couteau que je voudrais éventuellement rapporter à Michel JONET. Le vendeur a décidé de ne pas me lâcher. Je lui dis que son prix ne m’intéresse pas, mais il n’en démord pas et quand Jacques avance avec la voiture il se cramponne à la portière en me hurlant qu’il a besoin d’argent, que c’est le Ramadan etc etc. J’ai beau tenter de l’ignorer, il continue à vociférer entre arabe et français. Tout le monde nous regarde et pas forcément gentiment… Le problème c’est que son couteau ne m’intéresse plus et lui est persuadé que je fais çà pour lui faire baisser son prix. Finalement, de rage ou de dépit il me le jette à la figure en me criant « 100 dirhams, mais à ce prix là tu l’as trouvé par terre ! » Je n’ose plus refuser et lui abandonne un billet de 100 dh. Sans le vouloir, je crois que j’ai fait une excellente affaire car le couteau est superbe ! Arrivée à Oukaïmeden. Les paysages sont vraiment somptueux ! Altitude 3.273 m. Ouaw !!! C’est haut, et on monte encore. C’est la fin de la piste. Elle s’arrête net. Il faut en profiter car çà sent le futur asphaltage. La grande traversée est – ouest et nord - sud projetée par le gouvernement marocain avance à grand pas. Nous sommes à 3.900 m. Il n’y a pas de mots pour décrire ce spectacle. Les nuages sont en dessous de nous. C’est extraordinaire. Mais il nous faut continuer car nous devons encore rejoindre ASNI par une piste que nous ne connaissons pas encore et que nous devons découvrir. Oui je sais, on a l’habitude de rouler la nuit mais quand même. Nous voilà dans le centre d’ASNI. Nous remontons vers DAR CAÏD OURIKI et rejoignons notre hôtel. Ce soir nous prenons un délicieux repas de salades et omelettes berbères. Un petit thé à la menthe au bord de la piscine la douche et au pieux !

 
 

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Mardi 19 octobre 2004:

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Nous voilà reparti par la même route puisque il n’y en a pas d’autre pour rejoindre ASNI. Les paysages sont toujours superbes. A OUIRGANE, nous repérons un établissement aux consonances européennes. « Chez Edouard » Nous nous arrêtons pour prendre des informations et sommes reçu avec une extrême gentillesse par Edouard, ancien colon français installé dans le bled depuis quelques années. Il fait « chambres d’hôtes » mais n’en possède que deux c’est trop juste pour nos groupes. Après un bon café nous repartons vers IMIGDAL et IJOUKAK. Nous devons visiter deux hôtels de toute première catégorie, tenus par des couples français. Effectivement, c’est la grande classe. Accueil exceptionnel, chambres tout confort, piscine, restaurant et cuisine trois étoiles. Environnement splendide. Bref, le top du top. Nous y pensons pour l’avant dernière étape. A IJOUKAK, nous quittons la route et prenons une piste qui, d’après la carte rejoint AOULOUZ, ce qui nous permettrais de l’emprunter en venant de TAZENAKHT. Mais, également d’après la carte, elle est interrompue à un certain endroit. Donc il faut vérifier. Extra ! Non seulement la piste est bonne et les paysages somptueux, mais en plus elle n’est plus coupée. Notre mission est terminée et nous pouvons regagner notre hôtel pour la dernière nuit. De courte durée, car nous devons partir très tôt pour tenter de faire la même chose que Phil avec Moby Dick : essayer de passer en Espagne demain soir. Nous préparons nos affaires, attelons déjà la remorque et demandons le réveil à cinq heures. Nous ne pouvons décemment pas leurs demander de nous préparer un petit déjeuner à cette heure. Nous en prendrons un sur la route après MARRAKECH. Et puis, on a toujours la miraculeuse bouilloire électrique.

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Mercredi 20 octobre 2004 :

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Il fait nuit noire quand nous quittons le Coq Hardi. Le responsable a tenu à venir nous saluer. Encore un bon point. Nous prenons la direction de MARRAKECH. C’est moi qui tiens le volant. La route est terriblement dangereuse. On est sans arrêt confronté à des cyclistes sans éclairage, des troupeaux de moutons ou des piétons. Sans parler évidemment des véhicules aux éclairages les plus invraisemblables. Traversée très rapide de MARRAKECH, sans encombres, puisqu’il est à peine six heures trente. Nous roulons bien et montons assez rapidement sur l’autoroute à SETTAT. Pas de problème jusqu’à la sortie de l’autoroute à 25 km au nord de LARACHE. La route jusqu’à TETOUAN et SEBTA est belle mais tournicotante et fréquentée. Vers 15h00, nous atteignons les abords de la frontière marocaine. Les faux guides et autres « Enculators » de service se ruent sur nous en espérant nous soutirer encore quelques dirhams avant notre sortie. Mais cette fois ci, nous avons décidé de nous en sortir tout seuls comme des grands. Et nous avons raison. Cà se passe comme sur des roulettes et en une heure nous passons les deux contrôles marocain et espagnol. Nous rejoignons le port et après un dernier contrôle de la brigade espagnole des stups avec chien et tout le toutim, nous embarquons sur le catamaran rapide vers ALGÉCIRAS. Pari gagné. Adieu Maroc et continent africain. Quarante-cinq minutes après, nous accostons dans le port européen. Vu notre encombrant convoi, nous devons attendre que tout le monde soit sorti pour à notre tour quitter le navire. Dans le port, nous croisons une équipe de motards français s’apprêtant à embarquer. A nouveau, nous faisons grande impression avec la remorque. Allez, hop ! Direction Malaga, il paraît qu’il y a un hôtel Ibis. On y fera halte pour la nuit. Mais big problème. Il n’y a pas de parking gardé, et çà c’est impossible avec notre chargement, il y a trop de risques. Nous décidons donc de continuer et de trouver un petit routier plus loin. C’est chose faite. Nous nous installons à table et prenons un repas dans une ambiance très « Camionneur ». Le repas est très bon, abondant, et d’un prix défiant toute concurrence. Après un bon café, nous reprenons la route pour une cinquantaine de kilomètres et nous arrêtons sur un parking où nous passons une nuitée très moyenne, bercés par les aller et venues des voitures et des camions.

 
 
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Jeudi 21 octobre 2004 :

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Le réveil est assez brutal. Les moteurs des camions se mettent en route plus ou moins tous en même temps. Il est six heures du matin. Nous nous dirigeons vers le petit café situé sur l’aire de parking et prenons notre petit déjeuner. Pas top, mais bon… Ensuite, un petit brin de toilette avec les moyens du bord, puis Jacques s ‘en va sinistrer les communs de la station. Il prend le volant et c’est reparti pour une journée d’autoroutes pourries pleines de rustines et de fous du volant. Nous roulons tranquillement quand soudain Jacques me regarde anxieusement. La voiture se met à ralentir et à hoqueter. Pourtant la jauge à carburant indique encore ¼ de réservoir ! Et pourtant nous nous arrêtons tout net sur le bas côté de l’autoroute. J’essaye de redémarrer mais rien n’y fait. Je pense que c’est peut-être du dépôt provenant du mazout marocain. En insistant, je parviens à remettre le moteur en marche et rouler jusqu’à la sortie vers une petite ville dans laquelle nous faisons d’abord le plein. Le gérant de la station nous indique un garage qui fait IVECO et TOYOTA à quelques kilomètres. Au chef d’atelier, dans un mélange d’anglais, d’espagnol et de gestuelle, nous expliquons le problème. Il nous nettoie le filtre à combustible et en regardant sous la voiture constate que le réservoir a été défoncé juste au milieu. Sûrement dans les passages d’oueds dans la piste des Belges. Par ce fait, la jauge est faussée et donc nous sommes simplement tombés en panne. Dorénavant nous devrons refaire le plein avant le dernier quart de réservoir. Le restant de la route se déroule sans ennuis. Et après une traversée de Madrid sans histoire, nous nous arrêtons dans un motel où nous dégustons des spécialités espagnoles; Morcilla et Chorizo grillés accompagnés d’un excellent vin du terroir. Seulement pour moi puisque Jacques fait preuve d’une grande raison en ne touchant plus un verre d’alcool depuis presque deux ans ! La soirée est agréable et la fatigue de la route aidant, je suis bien entamé. Jacques me ramène tant bien que mal à la chambre et là il paraît que j’ai rigolé comme un bossu, tout seul … Bref passons et à demain !

 
 

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Vendredi 22 octobre 2004 :
 

Le vin était bon et le Cointreau aussi. Je n’ai donc pas mal aux cheveux. Mais en Espagne, le petit déjeuner n’est pas servi avant huit heures. Nous n’attendrons donc pas et prendrons la route en se faisant comme d’hab un café magique dans la voiture. Après Madrid, la route est relativement monotone avec des oliviers partout. Puis la laide région industrielle de VITTORIA avant d’attaquer la grimpette dans les Pyrénées. Passage de la frontière à ST JEAN DE LUZ, et on roule vers BORDEAUX. Arrêt de midi dans les Landes à MIMIZAN et on continue notre remontée vers le nord. POITIERS, TOURS, ORLÉANS et nous voici aux portes de PARIS que nous traversons rapidement via la Francilienne, cette autoroute contournant PARIS par le sud et remettant directement sur la A1 vers BRUXELLES. Nous nous arrêtons une dernière fois vers 23h00 sur une aire de parking à la sortie de PARIS. Quelques heures de repos avant de repartir.

 
 

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Samedi 23 octobre 2004 :
 

Cinq heures du mat. Dernier run vers BRUXELLES. Passage de la frontière, puis arrivée à HUIZINGEN. Il est huit heures trente et nous passons devant le magasin de Richard. On ne peut pas passer sans lui faire un petit coucou. Il tout étonné de nous voir et nous avoue qu’il a beaucoup de mal à reprendre le boulot après ce si beau voyage. Cà fait plaisir à entendre. Mon épouse, avertie par téléphone de notre arrivée imminente, a été chercher des croissants et nous a préparé un petit déjeuner d’enfer qui est le bienvenu. Et voilà, nous sommes à Rhode. Le compteur du 4X4 affiche 7.900 km. Le lundi suivant Michel, Patricia, Jack et Richard viennent récupérer leurs motos. Ils me remercient tous très gentiment pour ce voyage et me demandent de leur réserver dores et déjà leurs places pour l’année prochaine. Je l’avoue, je suis très ému. Mais cette belle aventure n’aurait pas été possible sans tous les acteurs qui y ont participé ! Je tiens à vous adresser à tous, mes humbles mais chaleureux remerciements pour tout ce que vous avez été ou ce que vous avez fait avant, pendant et après ce voyage. Merci à tous les Participants : Patricia, Michel, Jack, Richard, Pascal, Jean-François, Phil, Philippe qui ont su, malgré des moments parfois difficiles, conserver leur bonne humeur, et leur gentillesse. Merci à tous ceux qu m’ont assisté : Jacques qui a préparé ce voyage avec moi et m’a accompagné tout au long de ce périple avec tout ce que cela comporte, et son épouse Chantal. Marc qui a également beaucoup travaillé à la préparation de ce voyage, Alain de BIKE ZONE qui nous aide énormément par le biais de ses magasins et Arnaud de ON-OFF TRAVEL qui nous a apporté son soutien mais également nous a fait connaître Patricia, Michel Jack. Merci enfin à ceux qui m’ont supporté et apporté leur aide pendant ces longues périodes de préparation, ce qui n’était franchement pas toujours marrant : mon épouse Nicole, ma fille Céline et mon fils Romain. Merci enfin à notre guide Mustapha qui nous non seulement dirigé, mais aussi traduit et nous a tous supporté pendant huit jours, malgré le Ramadan et nos humeurs parfois changeantes ! Et ce n’est pas une sinécure !

Et surtout, n’oubliez pas de méditer cette devise que j’ai faite mienne :

« Les raisons vont souvent à l‘encontre de la Raison, et il n’est point sage de barrer le chemin à une idée neuve, sans risquer de la compromettre par un excès de prudence »
Baron Alessandro de Massimi (Aviateur pionnier)

Rhode Saint Genèse le 21 novembre 2004.
Nicolas LESORT

 



         
       
     

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